François Schlotterer : « me préparer à pouvoir répondre à différents cas de figure »

By | 29/12/2014

Les fans des sports d’hiver sont capables de reconnaître leur voix parmi tant d’autres, retrouvez les interviews de commentateurs et consultants d’Eurosport.
Aujourd’hui François Schlotterer, le monsieur biathlon de la chaîne !

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Tous les passionnés de ski et de biathlon qui regardent les courses sur Eurosport connaissent votre voix. Est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Je m’appelle François Schlotterer, 40 ans, journaliste sur Eurosport depuis 2000, je commente le biathlon depuis l’année avant les Jeux Olympiques de Turin en 2005. Avant j’ai travaillé dans d’autres domaines que le sport : pour une radio parisienne qui s’appelle OUI FM, chez Comédie aussi sur une émission qui s’appelait « La grosse Emission », j’ai fait pas mal de piges dans d’autres médias qu’Eurosport. Je me suis attaché à Eurosport parce que je trouvais qu’il y avait plein de possibilités, de facettes intéressantes et l’occasion de faire des tas de métiers.
Je suis arrivé d’abord pour faire du plateau et de la présentation d’émissions d’informations mais aussi d’informations thématiques. J’ai vraiment commencé à travailler sur les sports blancs quand je faisais ce que fait aujourd’hui Hors Piste, je le faisais entre 2000 et 2005 avec moins de moyens et de consultants. C’est comme ça que m’est venu ce goût pour le biathlon. Lorsque Marc Mingoia a décidé d’arrêter de commenter on m’a proposé la place. C’est une discipline pour laquelle j’avais développé une appétence particulière au fil des plateaux, c’étaient les belles années Poirée.
Maintenant je commente de manière régulière le biathlon mais aussi des disciplines plus estivales ou des sports collectifs : hand volley, plongeon. Chez Eurosport on est assez polyvalent !
J’ai aussi d’autres métiers qui ne sont pas des métiers de « commentaires » mais plus de rédaction en chef ou de direction de dispositif autour d’évènements, je produis par exemple tout ce qu’on fait autour de Rolland Garros, de l’US Open ou tout ce qu’on a fait autour des championnats du monde de natation à Barcelone il y a 2 ans. C’est plus un métier d’organisation, de production, d’anticipation et de gestion d’équipes.
Mon année est rythmée entre le biathlon l’hiver où je ne fais quasiment que ça et le reste de l’année j’ai deux gros rendez-vous avec Rolland Garros et l’US Open.

 

Vous avez dû voir quelques courses de biathlon … Quels sont vos plus beaux souvenirs aux commentaires ?

Il y en a pas mal … La course qui reste au dessus de tout reste la dernière course Raphaël Poirée à Oslo sur une mass start. On sait que c’est sa dernière course, il l’a annoncé après son titre à Interselva où il gagne l’individuelle. En passant la ligne il dit j’en peux plus, j’arrête. On sait 1 mois et demi avant qu’il va arrêter et on rêve tous, en voyant que le dernier weekend de coupe du monde est à Oslo, sa 2 ème patrie, d’une dernière explication avec Bjoerndalen sur une mass start.
Et on l’a cette dernière explication !!
Quand on connait le nombre de facteurs qu’il y a à mettre en accord pour arriver à un tel résultat, c’est assez incroyable. Mais il y aura une explication de feu avec un Raphaël Poirée battu d’un dixième par Bjoerndalen au sprint et il y a le 3 ème biathlète de ces années là, Sven Fischer, qui est à la bagarre avec eux.
Je garde un souvenir très fort de ça parce que c’était un truc complètement incroyable !!

 

Comment vous en êtes arrivé à commenter du biathlon ?

Comme je le disais,  je faisais les plateaux de continuité dans les weekend de « blanc », le biathlon était déjà un pilier important de la programmation d’Eurosport et comme Marc Mingoia avait décidé d’arrêter après les JO de Turin, on avait des discussions intéressantes à propos du biathlon sur les plateaux, puis lorsqu’on lui a demandé qui il voyait lui succéder, il a du proposer mon nom.

 

Vous avez des consultants pour commenter à vos côtés, comment se passe votre relation avec eux ?

La relation se passe bien ! C’est devenu un passage un peu incontournable pour les athlètes qui arrêtent leur carrière en général. D’abord parce que nous sommes les seuls à diffuser du biathlon, puis j’aime bien avoir des interlocuteurs différents pour commenter et des manières de raconter ce sport en fonction du vécu de chacun. J’ai commenté depuis 2006 avec Corinne Niogret, Christophe Vassalo, Stéphane Bouthiaux, Raphaël Poirée, Florence Baverel Sylvie Becaert Sandrine Bailly, Vincent Jay, Lois Habert, Vincent Desfrasne, Julien Robert.

Mon travail est de leur apprendre l’exercice télé et la différence entre répondre à des questions qui portent sur soi et sa performance à avoir un regard plus général et moins personnel sur le biathlon. Donc c’est un accompagnement, des discussions, des essais, des tests mais rien ne remplace l’exercice en lui même, les choses se font petit à petit, on ne transforme pas les gens en un claquement de doigt, on les guide petit à petit, on arrive à faire varier les choses. Chacun a sa personnalité, son passé, sa manière d’être, son caractère. Certains sont plus prolixes et d’autres plus réservés. Certains sont plus dans l’émotion d’autres sont plus dans la technique. C’est très variable.

 

C’est quoi une bonne association entre un consultant et un commentateur ?

J’aime bien quand il y a un mélange entre amener des détails techniques qui permettent d’expliquer le sport : pourquoi un tel ou un tel est fort ou pas fort, et puis à la fois du vécu, de la bonne humeur et de la joie. Un mixe entre tout ça. Un dosage entre amener de la matière technique qui donne un peu de nourriture aux téléspectateurs et qui lui donne des clés de compréhension de ce sport, aussi du vécu pour nous raconter des histoires qui touchent soit l’athlète soit les gens qu’il connait, ce qu’il a vécu, pour donner un peu d’émotion aux choses. Puis de l’entrain et de la bonne humeur parce qu’avant tout c’est du sport et c’est plaisant !!

EUROSPORT

A quoi ressemble une journée type lorsque vous commentez ?

Il faut être au courant de ce qui se dit, se fait, de ce qui se trame dans les différentes équipes. Internet nous simplifie la tache ! C’est récolter de l’info, la vérifier puis se projeter dans la course qu’on va vivre en préparant au mieux les différents éléments qui pourront nous servir pendant la course.
J’ai mauvaise mémoire donc j’ai tous les palmarès, podiums, … sur papier !  On a plein de données disponibles qui nous permettent de connaitre les statistiques, les palmarès, les fiches athlète, …

Le gros de mon boulot est de me préparer à pouvoir répondre à différents cas de figure en fonction de ce qui va se dérouler et avoir les éléments qui me permettront de commenter au mieux, donner le ressenti de la course et d’avoir des éléments de compréhension de qui est cet athlète, pourquoi il fait ça, comment il est arrivé là , qu’est ce qu’il a fait avant, qu’est ce qui explique qu’aujourd’hui il soit bon …

Ca ne doit pas être évident de commenter les courses depuis Paris ?

Etre sur place a plein d’avantages pour notamment la perception réelle de la météo, de la neige, du temps, des gens que tu croises, que tu vois mais pour des raisons d’organisation, de budget, … vivre 4 mois de l’année en vadrouille ça ne m’irait pas.
Du coup on a trouvé un compromis : comme le biathlon marche par cycle, en général on va 1 fois par cycle sur-place ce qui nous permet d’enrichir nos connaissances, d’entretenir nos relations avec les uns et les autres, de récolter de l’information qui va enrichir notre background et de pouvoir restituer cette matière en course, pas forcément sur le weekend où on est sur place mais aussi les weekend suivants.
Les semaines de coupe du monde où il y a 1 course par jour, ça fait partir 6 jours de chez soit, du coup les journée sont assez longues … on n’a pas forcément des choses à faire tout le temps. Même en terme de productivité pour l’entreprise ce n’est pas forcément pertinent de faire déplacer des équipes sur toutes les étapes.
Cette année on va à Rupolhding, Oslo, puis Konthiolati en Finlande pour les championnats du monde.

 

Vous avez des modèles dans la façon de commenter ? Marc Mingoia ou d’autres commentateurs qui vous ont marqué dans votre jeunesse ?

Non, je n’ai pas vraiment de modèle. Nous n’avons pas du tout la même personnalité avec Marc. J’ai repris derrière lui, ce n’était pas facile parce que beaucoup de monde avait découvert le biathlon grâce à Eurosport et avec lui comme commentateur. Il fallait que je développe des compétences que je n’avais pas de manière infuse et innée et une autre manière de faire . Ce n’est pas possible de s’inscrire dans le même registre que lui.
J’aime beaucoup ce que fait Alexandre Pasteur sur le ski alpin mais je n’ai pas réellement de modèle.

 

Merci à Eurosport et François Schlotterer pour leur disponibilité !

 

  1. Relisez l’interwiew de Nathalie Péchalat, consultante patinage pour la chaine
  2. Relisez l’interwiew de Jean-Pierre Vidal, consultant ski alpin pour Eurosport

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